ÉDITORIAL – Guerre régionale contre la RDC : le Rwanda et l’Ouganda interpellés après l’assassinat d’un Congolais
L’assassinat de Linne Bokia Luana, ingénieur informaticien congolais, ne laisse plus de place à l’ambiguïté. Il oblige à nommer clairement les responsabilités étatiques dans une guerre qui ne dit pas son nom, mais qui continue de faire des victimes congolaises, jusque dans la diaspora.

Les éléments disponibles indiquent qu’un réseau de recrutement lié au a opéré sous couverture professionnelle, attirant un citoyen congolais depuis l’Afrique du Sud vers l’Ouganda, avant de tenter de l’enrôler dans un mouvement armé soutenu, armé et structuré depuis le Rwanda.
Ces faits interpellent directement deux États.
Le Rwanda : un soutien désormais documenté
Depuis plusieurs années, des rapports d’experts des Nations unies établissent l’implication directe du Rwanda dans le soutien militaire, logistique et stratégique au M23.
L’exécution de Linne Bokia Luana, suivie de la diffusion d’images macabres accompagnées d’inscriptions en kinyarwanda, s’inscrit dans une logique de terreur assumée, déjà observée dans l’Est de la RDC.
Il ne s’agit plus de soupçons, mais d’un mode opératoire récurrent, visant à :
- intimider,
- contraindre,
- éliminer ceux qui refusent de servir une cause étrangère hostile à la RDC.
L’Ouganda : territoire, silence et responsabilité
Que des réseaux de recrutement armé puissent :
- opérer depuis le territoire ougandais,
- y héberger des recrues potentielles,
- y surveiller, menacer puis exécuter un ressortissant étranger,
pose une question directe de responsabilité de l’État ougandais.
Le silence des autorités de Kampala face à ce drame est politiquement et moralement inacceptable.
Aucun État ne peut se dire partenaire de la paix tout en laissant son territoire servir de base arrière à des opérations criminelles transnationales.
La communauté internationale : complice par inaction
La , l’Union africaine et les partenaires occidentaux de la région ne peuvent plus se contenter de rapports enterrés et de sanctions symboliques.
Chaque assassinat non sanctionné :
- légitime les réseaux armés,
- affaiblit la souveraineté congolaise,
- encourage la poursuite de cette guerre hybride.
Le cas Linne Bokia Luana prouve que la guerre contre la RDC :
- ne se limite plus au Kivu,
- s’exporte dans la diaspora,
- cible désormais les compétences congolaises,
- et viole ouvertement le droit international.
⚠️ L’heure des choix
La RDC doit tirer toutes les conséquences politiques et diplomatiques de ce crime :
- interpeller officiellement le Rwanda et l’Ouganda,
- exiger des enquêtes internationales contraignantes,
- renforcer les mécanismes de protection de ses citoyens à l’étranger,
- et considérer ces actes comme des agressions indirectes contre l’État congolais.
Le temps du langage diplomatique flou est révolu.
Nommer l’agresseur n’est pas provoquer la guerre : c’est refuser la soumission.
️ Linne Bokia Luana est tombé parce qu’il a dit non.
La RDC, elle aussi, doit désormais savoir dire non.
RTNCplus Info – Éditorial spécial